Juste avant sa présentation au Mondial de Paris 2026 du 12 au 18 octobre, L’argus a pu approcher la Citroën 2 CV Concept. Celle-ci annonce le retour de la plus célèbre auto des chevrons à travers une nouvelle génération 100 % électrique qui sera proposée fin 2028 dès 15 000 €. Revue de détail.
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L’argus vous présente la Citroën 2 CV Concept avant le Mondial de Paris 2026.
Ben Brillante – L’argus
Chose promise, chose due : Citroën présente pour le Mondial de Paris 2026 la 2CV Concept. Comme son nom l’indique, cette dernière préfigure une nouvelle génération de la mythique Deudeuche, 100 % électrique, avec laquelle le constructeur se remettra en selle sur le segment des petites citadines de segment A. Nous avons pu approcher ce concept-car néo-rétro pour en découvrir tous les détails, et il y en a à foison.
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Le patrimoine comme appui
Citroën cède donc aux sirènes du retro-design après s’y être longtemps refusé. Difficile pour Xavier Chardon, qui a pris les rênes de la marque en juin 2025, de ne pas ôter les œillères quand on voit le succès rencontré par les nouvelles Renault 5, R4 et Twingo. Ces dernières misent sur le charme vintage de leurs aïeules pour résister à une concurrence chinoise agressive mais en manque de patrimoine à valoriser. Le projet 2CV 2000 de la fin des années 1990 avait été abandonné au profit de la première C3, dont les lignes s’inspiraient toutefois de celles de la 2CV. En 2009 et 2010, les concepts Revolte puis Survolt réinterprétaient à leur tour les lignes de la Deuche avec une vision respectivement premium et sportive, mais il demeurèrent à l’état d’études de style. Mais cette fois, c’est la bonne : Citroën prend le mors aux dents et ressort son modèle le plus iconique pour retrouver sa place dans une industrie en transformation.
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La future 2CV s’inscrit dans le projet européen E-Car. Celui-ci vise à inciter les constructeurs à proposer de petites voitures électriques produites en Europe pour moins de 20 000 € à travers une nouvelle classe d’homologation nommée M1E, qui pourrait imposer moins d’équipements que dans les voitures particulières classiques badgées M1. Toutefois, cette réglementation étant encore en cours d’élaboration, la 2CV électrique sera lancée comme M1 si les textes ne sont pas entérinés dans les temps.
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Une 2CV au premier coup d’œil
La Citroën 2CV Concept reprend fidèlement l’allure de sa devancière tout en la modernisant. On retrouve la silhouette tout en rondeur, la proue galbée et les optiques avant « posées » au bout des ailes en arc-de-cercle elles-mêmes détachées du capot strié. On reconnaît aussi la verticalité du pare-brise, le dessin du vitrage latéral, la chute de toit si particulière avec son coffre droit et même le toit ouvrant en toile de l’originale. Le constructeur a été jusqu’à installer de véritables pare-chocs indépendants des boucliers, donc remplaçables individuellement. Les flancs plans, les petites poignées de portes et même la poignée apparente du coffre sont autant d’autres de clins d’œil à l’inspiratrice. Entre une malle (comme sur la 2CV) et un hayon (comme sur la 3CV argentine), Citroën n’a pas encore tranché. En outre, avec 3,76 m de long, le concept-car mesure 2 cm de moins que la 2CV première mouture de 1948, alors que notre époque est plutôt à la croissance effrénée des véhicules. Selon nos informations, le modèle de série pourrait être encore plus court et mesurer entre 3,65 et 3,75 m de long, soit un peu moins que la dernière Twingo mais tout de même une vingtaine de centimètres de plus que la dernière C1, retirée du marché en 2022 et dont il prendra la relève.
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La modernisation des lignes saute tout aussi vite aux yeux. La voiture mesure 1,68 m de large sans les rétroviseurs (1,81 m avec), soit 20 cm de plus que l’originale, pour 1,57 m de haut soit 3 cm de moins. Elle est campée sur des pneus de 18″ développés spécifiquement par Michelin, dont les flancs arborent un motif de chevrons et reprennent une ancienne typographie du manufacturier. Les jantes sont dessinées façon tôle. Grâce à l’usage de LED, les feux avant affichent une signature lumineuse en demi-cercle. Des segments lumineux verticaux positionnés de part et d’autre de la lunette arrière assurent l’éclairage à la poupe, en remplacement des blocs carrés placés très bas sur la première 2CV. Les rappels de clignotants logés en haut des ailes arrière évoquent les flèches de direction d’antan, un équipement dont était pourtant dépourvu l’ancien modèle. Autre gimmick faisant le lien entre passé et présent : le pare-brise est orné de vignettes signalant les années 1948 (mise en production de la 2CV), 1990 (fin de production) et 2026 (présentation de ce concept).
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Eloge de la simplicité
Citroën dit s’être inspiré du projet TPV (Toute Petite Voiture) de 1936 qui donna naissance à la 2CV douze ans plus tard. A l’époque, il était question de transporter 4 personnes avec 50 kg de bagages jusqu’à une vitesse de 50 km/h, de consommer 3 l/100 km en moyenne, et de pouvoir parcourir un champ labouré avec un panier d’œufs à bord sans en casser un seul. Les impératifs ont bien changé depuis mais le constructeur veut repartir de cet état d’esprit avec « un cahier des charges raisonné qui se concentre sur les besoins essentiels et élimine le superflu pour offrir davantage de liberté ». Ainsi, dans l’habitacle aussi, on retrouve une présentation rétro pour un équipement moderne bien que limité.
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La sellerie tartan jaune et la guirlande lumineuse façon guinguette assurent une ambiance à la fois gaie et nostalgique. Les occupants du premier rang prennent place sur une banquette amovible pouvant s’installer à l’extérieur comme à l’époque. Le volant reprend le célèbre design monobranche dans une teinte crème évoquant la bakélite. Il en va de même pour le petit cylindre qui lui est accolé en guise de planche de bord et comprend évidemment un levier à boule. Point de boîte de vitesses manuelle ici, motorisation électrique oblige : il s’agit d’un sélecteur de transmission impulsionnel. Au-dessus, l’écran tactile de 8″ affiche des graphismes façon BD élaborés avec le dessinateur belge Jean-Luc Delvaux. Il est associé à trois commandes rotatives, et complété par un petit tableau de bord numérique Smart Vision dont le tachymètre singe un compteur de vitesse à rouleau, rappelant celui du concept Citroën Elo. L’affichage de celui-ci est projeté au bas du pare-brise pour se refléter vers le conducteur. Un unique commodo prend place sur la gauche de la colonne de direction.
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En guise de console centrale, on découvre un panier à pique-nique déplaçable. Un clin d’œil au panier à baguette de la R5 ? Face au passager se trouve un petit système audio amovible baptisé Radioën pouvant aussi faire office d’enceinte hors du véhicule, dans l’esprit de l’autoradio optionnel de la 2CV ainsi nommé. D’après nos renseignements, un tel équipement est bien prévu en grande série mais il pourrait être commercialisé un peu plus tard que la voiture. A bord du concept, la Radioën prend la place généralement dévolue à la boîte à gants, ici absente. A la place, les contreportes comprennent des rangements fermés…moulés pour accueillir des œufs ! On note quelques touches de bois çà et là. Les aérateurs sont alimentés directement par l’air extérieur via des trappes installées au pied du pare-brise, comme dans l’ancienne 2CV. Le son du klaxon et celui (artificiel) du démarrage sont repris de cette dernière. Ce dernier évolue d’ailleurs en roulant afin de signaler la présence du véhicule à basse vitesse comme l’exige la réglementation.
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Une partie technique à préciser
Citroën reste encore muet concernant la plate-forme et le groupe motopropulseur de la future 2CV, qui aura pour cousine technique la prochaine Fiat Panda/Pandina. Ingénieurs et designers visent un poids d’à peine une tonne. « Moins de masse permet de réduire la taille et le coût de la batterie, avec une autonomie calibrée pour les usages quotidiens et un coût d’usage contenu », indique Citroën. D’après nos renseignements, l’autonomie WLTP de la version de base devrait dépasser de peu les 200 km. La firme nous promet une vitesse de pointe supérieure à celle de la première 2CV (passée de 65 à 115 km/h au fil de ses évolutions), sans plus de précision, confirmant si besoin était que l’autoroute ne sera pas son terrain de jeu favori.
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L’architecture électronique et logicielle de la voiture intègre un « jumeau numérique du pneumatique », développé par Michelin, qui permet à l’ordinateur de bord de connaître en continu l’état des gommes mais aussi d’adapter le comportement du véhicule en fonction. Cela pourra concerner par exemple le seuil de déclenchement de l’ABS, de l’ESP ou du système de freinage d’urgence autonome. Le conducteur pourra aussi être alerté si la pression ne correspond pas à la charge, entre autres possibilités. Le dispositif centralise et retranscrit les informations fournies par des capteurs déjà présents aujourd’hui dans les voitures, ce qui le rend relativement peu coûteux.
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Objectif : 15 000 €
Selon nos sources, Xavier Chardon a lancé le projet de nouvelle 2CV dès son arrivée à la tête de Citroën et obtenu le feu vert d’Antonio Filosa, nouveau directeur général du groupe Stellantis, fin 2025. Une première maquette fut produite à la hâte aux Etats-Unis au printemps dernier pour être présentée aux investisseurs. La commercialisation du modèle de série est prévue pour la fin de l’année 2028 après une présentation au Mondial de Paris quelques semaines plus tôt, pour le 80e anniversaire de la 2CV. Cela signifie que la conception, la mise au point et l’industrialisation n’auront demandé que trois ans une fois le feu vert accordé au projet. Un délai particulièrement court, même si Renault a fait mieux grâce aux partenaires chinois qui lui ont permis de mettre au point la Twingo E-Tech en deux ans à peine.
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La future 2CV n’en sera pas une concurrente directe, se voulant plus accessible grâce à un prix de base promis autour de 15 000 €, soit environ 5 000 € de moins que sa compatriote au losange et même 3 000 € de moins que la Dacia Spring. Animations sur le Mondial de Paris 2026, produits dérivés et autres opérations de communication sont prévus pour faire monter l’attente au cours des deux années qui arrivent… et nous faire piaffer d’impatience !
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Du concept à la série
La silhouette du concept-car devrait être reprise sur le modèle de série, ce qui inclut ses feux avant protubérants dont Citroën nous assure qu’ils sont compatibles avec les impératifs liés aux crash-tests en vigueur. On peut également espérer le maintien des pare-chocs indépendants des boucliers. L’agencement général de l’instrumentation (écrans, levier…) sera aussi reconduit, et l’on retrouvera des assises façon banquettes. Le toit ouvrant en toile sera probablement proposé en option.
Pour des raisons de coût, les poignées de portes du modèle de série pourraient être reprises d’autres modèles de la gamme Citroën, à l’instar d’un certain nombre de commandes intérieures qui seront plus nombreuses. Les jantes de la version de base seront plus petites. Les graphismes de l’écran tactile changeront, tout en conservant possiblement un style dessiné. La plupart des petits détails rétro ou amusants du concept-car (pédales, vignettes, dessins, lampes…) passeront à la trappe. Pour répondre aux normes de sécurité, les banquettes seront inamovibles et dotées d’appuis-têtes. Les aérateurs s’ouvrant au pied du pare-brise ne passeront pas le cap de la série. Mais le constructeur promet que ce concept-car préfigure fidèlement la future 2 CV.
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